Lorraine     
Accueil Remonter Activités-Week End Album photo Sites Web favoris

 

 

Août 1914 ! La guerre ! La grande ! La dernière comme on disait ! Cette catastrophe va bouleverser bien des vies. Sous le joug allemand, Léon a juste le temps de finir son service actif qu’il lui faut remettre ça. Il est versé dans l’artillerie et envoyé sur le front de l’Est. Il s’en tirera sans suites graves si ce ne sont les vexations subies de la part des officiers prussiens et allemands car ils savaient qu’il était d’origine lorraine. A Hayange, au 82 de la rue principale, le Café national marchait bien. Et les enfants TAITE grandissaient. Jeanne l’aînée avait 18 ans, André 16 ans et Gabrielle 14 ans.

C’est à peu près à cette époque en 1915 que Jeanne se sentit très fatiguée, au point de ne pouvoir se lever. Le corps médical diagnostiqua rapidement un début de tuberculose et surtout une infection grave : une pleurésie purulente. Son état était tel qu’il fallut avoir recours à une intervention chirurgicale urgente. Le corps médical se dérangeât et c’est à domicile, à la lueur des lampes à pétrole et à gaz qu’elle subit un curetage, l’ablation d’une côte et de la plèvre complètement infectée. Elle nous dira plus tard qu’on lui avait retiré ½ litre d’eau et du pus… Si on tient compte qu’à cette époque on ne disposait d’aucun antibiotique, que les anesthésies se faisaient à l’éther et au chloroforme, les chances de réussite d’une telle intervention se réduisaient à très peu de chose.

 

Gabrielle TAITE

Elle avait 18 ans, elle tenait à la vie et elle s’en est tirée. Elle pensait à son Léon qui était loin, bien loin, à la guerre sur le front russe.

Trois ans plus tard, c’est la fin de cette trop longue guerre, dénommée la Grande Guerre, et le départ des troupes allemandes. L’armée française occupa les départements de l’Est libérés, et s’organisèrent là où elles se trouvaient. Il y avait en bordure de Hayange, un régiment de chasseurs alpins, le 140, qui avait combattu sur la Marne et à Verdun, dont les hommes et officiers voulaient se reposer et tenaient à être bien logés. On envoya donc le sergent major fourrier de l’unité à Hayange pour réquisitionner des logements pour les gradés. Il se présenta au Café restaurant des Taite, où il fut reçu à bras ouverts et finit par trouver à loger 2 ou 3 officiers et lui-même, dans la petite maison derrière le café. Ce sergent major s’appelait Émile AILLOUD et venait de Grenoble…

Ce beau et jeune militaire, brun et moustachu, venant du midi, des Alpes, de la montagne, fit vite des ravages dans la gent féminine fréquentant le café, et qui tomba dans ses bras ? Notre Gabrielle TAITE bien sûr ! !

Parce que si Jeanne avait retrouvé son prétendant Léon THEIS, Gabrielle tenait à son grenoblois, qui, après trois mois de cour assidue, s’en est retourné dans son Dauphiné natal et dans ses montagnes. Il avait 25 ans et Gabrielle seulement 17 ans.

 Quant à Léon THEIS, il n’a pas perdu de temps et dès le printemps 1919, il a trouvé du travail comme employé de bureau aux Établissements DE WENDEL à Hayange. Il habitait toujours Knutange, et comme le café TAITE était sur sa route, il y faisait souvent escale et continuait sa cour auprès de Jeanne TAITE qui ne demandait que cela.

C’est tout naturellement que les THEIS de Knutange et les TAITE de Hayange se mirent d’accord pour que leur deux jeunes s’unissent pour le meilleur et pour le pire. Ils se sont mariés le 18 Août 1920.

Jeanne et Léon le 18 août 1920

A cette occasion Émile Ailloud vint à Hayange et fit officiellement sa demande en mariage auprès des taite, qui lui accordèrent aussitôt la main de leur fille Gabrielle.

Ils se marièrent à Hayange en juin 1921, et rejoignirent aussitôt la ville de Grenoble où ils s’installèrent au n°1 de la Place des tilleuls et y vécurent toute leur vie.